COpion,COnfiné!

COpion,COnfiné!

Chaque lundi, nous vous envoyons une photo d’un de nos spectacles, en lien avec l’actualité.

PHOTO DU LUNDI 4

Voici une photo de notre spectacle interactif  « Sans ça »

Il a été créé en 2009 à partir de témoignages récoltés dans des dizaines d’associations, écoles, hôpitaux, abris de jour autour du mot : « sans ». Des personnes sans…..amour, sans voiture, sans famille, sans métier, sans santé, sans argent, sans liberté …… Liste indéfinie de tout ce que nous n’avons pas, mais pour certains c’est l’essentiel qui manque.
Aujourd’hui, nous voici confinés, dans une période « sans », sans sorties, sans rencontres, sans travail, sans loisirs, sans amis ; heureusement que nous avons internet qui compense un peu tout ça !

Mais, certains citoyens « oubliés » échappent au confinement à défaut d’avoir un abri et des moyens de subsistance. Suite à l’obligation de fermeture des abris de jour pour les migrants, ceux-ci se sont retrouvés
livrés à eux-mêmes, dans la nature, dans le froid et sans conditions de vie décente. Des personnes étrangères sans titre de séjour, qui n’ont pas de couverture médicale sont coincées en centres fermés, dans des conditions de promiscuité qui vont à l’encontre des règles sanitaires. D’autres ont récemment été libérées sans précaution.
Les « sans-papiers », représentent près d’1 % de la population. En temps normal, ces quelque 100.000 à 150.000 personnes vivent déjà dans une précarité criante, sans accès à un emploi déclaré et sans aide sociale, avec pour seul filet de sécurité l’aide médicale urgente. Or, dans ce contexte de crise, leur dénuement se fait encore plus insupportable. La situation est d’une incohérence inouïe ; les pratiques administratives habituelles continuent de s’appliquer, comme si de rien n’était. Un exemple parlant : des personnes libérées de centres fermés reçoivent un ordre de quitter le territoire dans un délai de 30 jours, alors que le trafic aérien est au ralenti et que les frontières se ferment les unes après les autres.

Bien sûr il y a des actions locales, citoyennes, heureusement ! Mais où sont donc les solutions structurelles ?
En regardant les pays européens les plus durement touchés par la crise sanitaire, il est clair que des solutions créatives peuvent être mises en place rapidement. La ville italienne de Bologne a montré l’exemple. Elle a dédoublé ses capacités d’hébergement pour les personnes sans abri en mobilisant tous les lieux possibles, notamment les écoles fermées. La France a décidé de renouveler pour trois mois tous les titres de séjour qui arrivaient prochainement à expiration. Cela empêche tout contact inutile entre les citoyens et l’administration et évite que certains ne tombent dans une situation d’irrégularité de séjour et que ne s’enclenche une spirale infernale : plus de titre de séjour, plus de travail, plus de revenu, plus de
logement, plus de mutuelle. Le Portugal a quant à lui décidé de régulariser temporairement les étrangers qui avaient introduit une demande de séjour et qui sont toujours en attente d’une réponse des autorités.
Et en Belgique ?
A part aller cueillir les fraises à Wépion pour remplacer les saisonniers absents…..
Quelle hypocrisie par rapport à tous les sacrifiés au nom du profit : la «chair à canon », les mineurs, … et maintenant les migrants régularisés «temporairement » !
Et quand la saison des fraises sera finie ? Se retrouver de nouveau sans rien ?
Ah…..à moins que les vendanges…….